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Un agent secret dont la famille ignore les activités découvre que sa femme est sur le point de commencer une liaison avec un homme se faisant passer pour un espion
et qui s'attribue les faits d'armes de notre vrai agent secret. Au même moment, une importante menace terroriste contre les Etats Unis se précise. Notre héros va tenter de regagner le coeur de sa
femme et de mettre fin aux activités du groupe terroriste. Dès lors, sa vie professionnelle va déborder sur sa vie personnelle, et vice versa.
Nom de Zeus, quel scénario! Cameron s'est surpassé une fois encore. D'autant plus que True Lies est le remake d'un film français, la Totale, sous filmé par Claude
Zidi. Armé d'un tel script, Big Jim n'a aucun mal à se faire prêter un budget de 120 millions de dollars (!). Il est aisé de comprendre que le film alors en préparation n'a rien à voir avec la
comédie franco française à vocation sociale : imaginez plutôt un film d'action bourrin et bas du front (pléonasme) avec un humour bien con brassant les différents genres américains (buddy movie
en tête) et des acteurs en roue libre (Schwarzenegger et Jamie Lee Curtis, plus Bill Paxton et sa tête à claques) et vous aurez une idée du film inutile qu'a tourné Cameron après le prométhéen
Terminator 2. La seule ambition qu'affiche le film semble être la surenchère dans le mauvais goût (putain, le coup de la mitraillette dans l'escalier, c'est d'un nul indigne du réalisateur
d'Aliens) et le vide existenciel, derrière des atours de second degré et d'humour inoffensif.
Pourtant, l'idée de départ était intéressante : refaire un James Bond like avec la réalisation in your fucking face de Cameron était une ébauche on ne peut plus
bandante. Mais vous avez déja vu Schwarzy en agent secret subtil? Là où le culturiste autrichien est crédible et efficace en barbare cimmérien, en machine du futur ou en commando surentraîné, il
échoue lamentablement dans un rôle qui sonne comme une redite de James Bond, la famille en plus. Un minimum de flegme et de charisme étaient recquis. D'autres codes bondiens se retrouvent dans le
film, comme l'aspect globe trotter (de la Suisse à l'Italie), la surenchère dans l'action what the fuck (le chasseur F16, ou la mitraillette citée plus haut, genre de séquence qui a entraîné les
Bond dans les abîmes de la médiocrité) ou les terrosristes caricaturaux. Mais bon, le mélange devient vite une mixture imbouffable.
Ceci dit, le talent de mise en scène de Cameron est toujours là, bien que noyé dans une histoire et un humour indigestes. C'est pas Claude Zidi qui aurait filmé des
scènes d'action de cette manière, même avec un tel budget (celui de la Totale était de 50 millions de francs, je précise). Chose étrange ici, la réalisation de Big Jim n'arrive pas à prendre le
dessus sur le récit, comme ce fut le cas sur Terminator ou Aliens, qui disposaient eux aussi de scripts accablants. La facture technique justifie-t-elle la vision du film? Votre serviteur pense
que non, car True Lies arrive sans mal à ternir la gloire brillante de Terminator 2.
Le film regorge de sidekicks et de seconds rôles énervants : d'un Bill Paxton à baffer au chef terroriste caricatural au possible (même si ce dernier, à la limite,
remplit bien son office de bad guy second degré), la palme revient cependant à la fille de Schwarzy, adolescente de quatorze ans qui : 1) écoute du hard rock (aspect évaluatif du personnage); 2)
sèche les cours et vole de l'argent (aspect comportemental du personnage); 3) n'aime pas son père (aspect affectif du personnage). Et oui, toi aussi, caricature les différentes couches de
l'humanité avec le set de scénariste James Cameron, et écris les scripts du cinema de qualité de demain. Bon, son agent secret de père la sauvera et regagnera son estime au terme d'un climax
ébouriffant.
Bon alors, mélangez les éléments ci dessus, comédie grotesque, vaudeville à deux balles, action over the top et interprétation poussive, et vous obtiendrez le film
d'action-humour à ne pas faire, digne du Commando de 1986 (où jouait déja Arnold, tiens donc). Bon, Cameron se faira rapidement pardonner avec Titanic, même si les progrès scénaristiques sont
encore à faire aujourd'hui. Quant au sujet qui nous occupe, mieux vaut revoir Last Action Hero de ce génie de McTiernan.
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