Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /Août /2009 11:39
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      Mére en instance de divorce à la recherche d'un appartement et d'un emploi, Dalhia s'installe avec sa fille dans une cité délabrée sur l'île Roosevelt, à New York. Dans ce cadre exigu à l'architecture imposante, la jeune femme se retrouve rapidement confrontée à de mystérieux phénomènes, comme le comportement de sa fille, auxquels vient s'ajouter une fuite d'eau noirâtre au plafond de sa chambre à coucher. Pressée par les manigances de son mari qui veut récupérer sa fille, Dalhia s'enfonce peu à peu dans une sorte de paranoïa hystérique et fait appel à un avocat pour se convaincre qu'elle n'est pas devenue folle. Mais, tandis que l'homme de loi reprend ses affaires en main, de nouveaux éléments viennent la convaincre qu'un fantôme hante l'appartement situé juste au dessus de sa tête.

 

 

      Aprés The Ring et The Grudge, voici une énième transposition américaine d'un film d'horreur japonais à succès, prolongeant la mode des fantômes de petites filles avec des cheveux longs et noirs plaqués sur la tronche. Celui ci est réalisé par Walter Salles, qui nous a déja gratifié des merveilleux Frida et Carnets de Voyage, et bénéficie de la plus que charmante Jennifer Connelly (Il Etait une Fois en Amérique, Phenomena, Requiem for a Dream, Un Homme d'Exception...), toujours impeccable. Nous avons bien affaire ici à un remake de qualité, respectueux de l'oeuvre d'Hideo Nakata, mais réinterprété par un cineaste auteur brésilien, qui va y apposer ses propres thèmes et ainsi éviter le copier-coller.

 

 

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      Walter Salles, en effet, se promène ici dans un genre qui n'est pas son domaine de prédilection : le cineaste nous a habitué à des drames intimistes, où l'émotion et le ressenti prédominent. Mais a-t-il vraiment voulu tourner un film d'horreur? Malgré une ambiance pesante, humide et crade, une image altérée par un filtre aux tons moisis, des persistances fantastiques, on ne frissonne que très peu devant Dark Water. Mais le propos est ailleurs, car on est plus proche du drame fantastique que du film d'horreur à fantômes. Tout passe par les émotions du personnage de Dalhia, omniprésent dans le film. Le fantastique et le réel s'envoient des échos. Plus son mari la tourmente, plus la tâche au plafond s'étire, et plus cette présence menaçante dans l'appartement se fait sentir, plus les problèmes quotidiens de cette femme moderne s'accentuent, sont de plus en plus aigus, jusqu'à la mener au bord de l'hystérie, aux limites de la rupture.

 

 

      De plus, l'horreur n'est pas seulement viscérale, elle est également psychologique; les évènements mystérieux de l'appartement  sont troublants en eux mêmes, mais c'est l'interprétation qu'en fait le cerveau traumatisé de Dalhia qui donne le ton horrifique du film. D'ailleurs, tout s'explique lorsqu'on sait qu'en psychanalyse, l'eau représente tout ce qui a trait à la mère et à la maternité, et plus l'eau est sombre et profonde, plus le trouble est important. L'appartement devient donc peu à peu une sorte d'utérus matriciel rempli de liquide amniotique, pour une femme hantée par sa mère alcoolique, et sa fille, qu'elle surprotège. Un utérus rongé par un cancer (la fuite du plafond), un utérus grignoté par un corps étranger, une autre petite fille abandonnée, qui, jalouse de cette sécurité maternelle, convoite la place de Cecilia dans les bras de sa mère. Jusqu'à exiger une promesse fatale.

 

 

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      Mais, en dehors des thèmes et de quelques choix artistiques (la photographie, la pluie omniprésente chez Salles, ou une réelle claustrophobie chez Nakata), les deux films restent relativement identiques, la seule réelle différence réside dans le traitement cinematographique et dans le ressenti crée chez le spectateur. A part cela, le scénario, les personnages et le dénouement ne bougent pes d'un iota. Et bien que le remake de Salles n'ait pas à rougir face à son prédecesseur, le film originel de Nakata (tiré, ne l'oublions pas, d'un roman de Kôji Suzuki, à l'instar de The Ring) lui reste légèrement supérieur, surtout si on apprécie les films "d'hotteur". Votre serviteur vous conseille donc vivement de visionner en premier lieu le remake, pour que la claque dans la gueule made in Japan n'en soit que plus forte.

 

 

      Pour terminer, un petit mot sur les acteurs : la belle Jennifer Connelly est tout simplement époustouflante dans un personnage constamment au bord de la rupture, qui peut basculer à tout moment dans la folie hystérique. Elle sait d'ailleurs parfaitement gérer les moments intimistes et les séquences pétage de plombs. Mais Walter Salles a su s'attirer également d'autres excellents acteurs pour interpréter les seconds rôles, et c'est avec plaisir que l'on retrouve le trop rare Pete Postlewhaite (Au nom du Père) en concierge irascible et secret, ou le très bon Tim Roth (Reservoir Dogs, La Planète des Singes) en avocat solitaire et efficace.

 

 

      En définitive, un très bon drame/thriller fantastique, qui aura en plus le mérite d'intensifier la vision du chef d'oeuvre de Nakata. Espérons quand même que la mode des fantômes à cheveux longs ne durera pas, car ça sera dur de faire original la prochaine fois.

Par El Jono
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Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /Août /2009 11:33

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  "Ce n'était pas l'homme le plus honnête, ni le plus pieux, mais c'était un homme courageux. Il s'appelait Diego Alatriste." Tels sont les premiers mots du best seller internationnal d'Arturo Perez Reverte, "Le Capitaine Alatriste". L'histoire se déroule dans l'Espagne impériale du 17ème siècle, entre 1622 et 1643, sous le règne de Philippe IV, avant dernier roi de la maison d'Autriche. Philippe IV est un monarque faible et facilement manipulable, dominé par une cour corrompue, agitée par les intrigues orchestrées par le très influent comte duc Olivares. L'empire espagnol décline lentement. La société souffre de nombreuses contradictions. Le luxe et l'opulence de l'aristocratie coexistent avec la misère et la vulnérabilité du peuple; ce monde déclinant est le théâtre des aventures de Diego Alatriste, fin soldat au service de sa majesté dans les Flandres, et mercenaire à Madrid et Séville en temps de paix.

 

 

      Décidement, l'Espagne est un pays plein de surprises : non content de produire certains des meilleurs films d'horreur du moment (Rec°, l'Orphelinat, et je ne parle même pas du phénomène Guillermo Del Toro), et d'afficher des oeuvres littéraires stupéfiantes (à peu près toute la bibliographie de Juan Miguel Ajuriaguerra, ou encore Arturo Perez Reverte, dont il est question ici), et bien, en plus de cela, il y fait beau tout le temps, ce qui n'est pas pour déplaire à votre serviteur. Le film dont nous allons parler aujourd'hui est une adaptation de la série en six livres du suscité Arturo, qui a crée un équivalent ibérique au héros iconique inventé par Alexandre Dumas (dois je vraiment préciser lequel?). Un héros soldat et mercenaire donc, propice à toute une palanquée d'aventures dans ce contexte fécond qu'est l'Espagne post Renaissance.

 

 

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      D'un point de vue technique et narratif, le Capitaine Alatriste est un objet filmique qui souffle un chaud volcanique et un froid tiède. Je m'explique : certes, le film arbore des qualités plastiques évidentes, que ce soit dans les décors et les costumes, finement travaillés, ou dans la photographie, tout simplement sublimissime. En outre, la réalisation bénéficie de l'immense talent de Viggo "Aragorn" Mortensen, fraîchement sorti de l'écurie Cronenberg et de l'école mafieuse. L'acteur est tout bonnement ze point fort du métrage, car, en plus d'imposer une classe énorme et une présence "dans ta face" omniprésente, il compose un personnage fort et sensible à la fois, un héros grandiloquendantesque prisonnier d'une apparence gueunillarde et crasseuse. Tout à fait le genre à partir en mission suicide avec un sourire goguenard aux lèvres et des bottes trouées aux pieds (l'a pas vu Forrest Gump, m'est avis). Mister Viggo porte sans mal un film au budget colossal sur ses épaules (le plus colossal d'Espagne, il me semble). Mais là où le bât blesse, c'est au niveau de la narration, soutenue par une mise en scène qui récite une grammaire cinématographique que l'on connait tous. En effet, grosse erreur d'avoir voulu adapter six gros bouquins en un seul film, de 2h20 certes, mais qui accouche maladroitement d'une multiplicité d'intrigues et de sous intrigues, d'une tripotée de personnages que le spectateur a à peine le temps d'apprécier, perdu qu'il est dans cette soupe trop poivrée.

 

 

      Mais les points forts sont bel et bien là, et animent des scènes de batailles burnées, sanglantes et crades, qui rappellent le côté réaliste de Braveheart par moment : d'une ouverture tumultueuse dans un brouillard opaque et oppressant, à une scène de tranchées et de sapes qui évoque des guerres plus actuelles, jusqu'à un final dantesque et héroïque où il vaut mieux savoir manier le couteau, le spectateur averti comprendra que c'est dans la boue, le sang et la sueur que le film offre toutes ses promesses. Le Capitaine de la joie ne connait ni la pitié ni les prisonniers, et dézingue à tours de bras, pour l'honneur, la patrie, le roi et les doublons.

 

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      Mais autant il est utile de préciser qu'il est fort appréciable d'apprécier le genre historico-romantique pour apprécier ce long métrage (belle phrase, hein?) autant il faut avouer que jamais il ne se complait dans une débauche visuelle gratuite, son principal souci étant le Réalisme, avec un big R. Autrement dit : si vous vous attendez à du Pirates du Caraïbes, passez votre chemin. Le Capitaine Alatriste se pare de parures (ouais je suis fatigué, là) qui risquent de déplaire à une grande majorité, et rejoint, dans ce sens, un certain Masters and Commanders. Inutile d'espérer un actioner pur et dur, le film sait s'aérer avec de (très) longues plages de calme.

 

 

      J'aimerai, pour finir, me pencher sur un autre point fort du métrage : sa photographie, oeuvre d'un certain Paco Femenia. Tour à tour profonde, splendide, richement colorisée, elle évoque et convoque les spectres de Velasquez et tous ses potes, et ce, du début à la fin du film (je pense notamment à la scène du débarquement, lors des retrouvailles de Diego et Inigo, où le ciel se pare des contrastes les plus beaux). Une véritable touche artistique dans un océan de réalisme. Votre serviteur a d'ailleurs remarqué que cet aspect était peu apprécié par d'autres chroniqueurs, avides d'un peu plus d'universalité. Voyez vous même, cette gonzesse, Jacqueline Fraysset qu'elle s'appelle (ou un truc comme ça) qui travaille pour un obscur fanzine (ouais Le Monde, je crois), qui affirme, je cite : "... le réalisateur se soucie peu de relier les faits historiques de son récit à des enjeux plus universels." Auquel cas je lui répondrai, je cite : "Sommes nous bien là pour ça?" Il est clair ici que la forme a été préférée au fond, et ce n'est pas un cas unique dans l'histoire du cinema, loin s'en faut. Ce n'était certes pas un film à dettes, ni un film profond, mais c'était néanmoins un film généreux. Sur cette conclusion audacieuse, je vous laisse.

 

Par El Jono
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Jeudi 20 août 2009 4 20 /08 /Août /2009 14:55
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      Vous connaissez sûrement Donjons et Dragons? Mais si, vous savez, ce jeu de plateau qui aura permis à des générations de passionnés d'heroic fantasy de sauver l'univers dans l'intimité de leur chambre. Cette entité tentaculaire s'imposera dans de nombreux domaines, en bien (comme dans les jeux videos), ou en mal (au cinema bien sur, j'en rigole encore). Le secteur littéraire notamment ne sera pas épargné, et c'est dans les années 80 qu'est mis en chantier un univers spécifique au support livresque (le monde d'Aber Toril), par une bande de joyeux lurons à la plume facile et à l'imagination débordante, dans laquelle on retrouvera le Grand et Unique Ed Greenwood, la sage Elaine Cunningham, ou le sieur Salvatore, père du légendaire Drizzt Do'Urden.


      On a volé les Tablettes du Destin, et même le grand Ao ignore l'identité du coupable. Quand sa colère se déchaîne, ce sont les dieux qui sont bannis dans les Royaumes, condamnés à la forme humaine et privés de leurs pouvoirs... et le monde se met à tourner à l'envers. Il faut retrouver les Tablettes, et ce le plus vite possible. La belle Minuit et ses trois compagnons s'attellent à cette inévitable tâche, où ils savent qu'ils se feront des ennemis mortels. Et les voilà partis pour Valombre, où il faudra livrer bataille.


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      Nous avons affaire aujourd'hui à la trilogie qui a initié cette longue série de bouquins (dont le nombre doit porter actuellement à quatre vingt et quelques, mais le doute m'habite), série qui aura bercé les années adolescentes de votre fidèle serviteur. Rédigée par un certain Richard Awlinson, dont mon cortex m'affirme de manière claire et sans détour qu'il ne le connait ni d'Eve ni d'Adam, cette trilogie a le mérite de poser les bases géographiques, sociologiques, et, surtout, mythologiques, des Royaumes Oubliés d'Aber Toril, par le biais d'un récit concis, distrayant et ultra dynamique.


      Car c'est bien là la principale qualité de l'histoire : une fois la quête commencée, l'aventure ne s'arrête jamais, et je peux vous garantir que vous aurez du mal à lâcher cette saloperie de bouquin. Le groupe de héros mené par la belle Minuit n'aura de cesse d'affronter assassins, zombies et autres orques, de naviguer de trahisons en tragédies, notamment dans l'interminable traque qui parsème le dernier livre. En face, un triumvirat de méchants plus tarés les uns que les autres : Baine, dieu des dissenssions, Myrckul, seigneur des ossements, et Bhaal, dieu du meurtre. Eh oui, nos héros devront affronter ni plus ni moins que des dieux et ce, alors que les Royaumes sont plongés en plein chaos, la magie étant devenue instable.


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      Mais si cette trilogie se distingue de la masse, c'est tout simplement grâce au thème dont elle traite, d'une bien belle façon d'ailleurs : la destinée. Tout le récit s'articule autour de la fatalité, à la manière d'un gimmick, torturant aussi bien les personnages humains que les dieux. En effet, de Minuit, choisie par la déesse de la magie pour porter un lourd fardeau, à Kelemvor, sur les épaules duquel pèse une terrible malédiction qui le pousse à renoncer à ses nobles idéaux pour devenir un mercenaire sans scrupule, en passant par le voleur Cyric, au coeur rongé par la rancune des démons de son passé, il est aisé de constater que chaque personnage court après une liberté qui lui échappe. Chacun possède son propre squelette dans son placard, chacun rêve d'une étincelle d'espoir futur qui le fera se jeter dans la bataille, chacun espère un idéal qui s'entrechoquera avec celui des autres. Il est rare, dans des livres de pure distraction, de dénicher une galerie de personnages ayant un background aussi profond et travaillé. Et que dire des dieux? Si certains ont volé les Tablettes du Destin, c'est bien pour échapper aux devoirs immuables que leur a assignés une Autorité Supérieure. Effacer ce qui nous définit de A à Z, n'est ce pas se battre pour être une entité en devenir, affranchie de tout carcan, moral et/ou physique? N'est ce pas une lutte pour prendre sa vie et sa destinée en main, un défi hurlé à la face d'un Dieu dominateur?


      Richard Awlinson accouche donc d'une trilogie palpitante, foisonnante, hantée par des personnages hauts en couleurs, où les dieux se heurtent aux hommes, dans un combat dont l'enjeu n'est rien de moins que le libre arbitre. Et bien que le style littéraire soit ultra classique et pas original pour un sou (mais au fond, on n'est pas là pour ça), ces aventures épiques sont narrées par une plume qui sait où elle va, et qui sait mener son lecteur par le bout du nez.
Par El Jono
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Jeudi 6 août 2009 4 06 /08 /Août /2009 19:52
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      Ha les X-men... Une des sagas les plus populaires et tentaculaires de la culture comic book américaine, dotée de personnages aussi nombreux que typés et profonds : Wolverine, le sauvage amnésique qui n'hésite pas à tuer sous l'emprise de la colère, s'érigeant ainsi comme l'un des antihéros les plus scotchant de la planète Marvel; la princesse Ororo, alias Tornade, aussi belle et terrible qu'un cyclone en roue libre; le Fauve, la belle bleue, intello baraqué couvert de poils couleur de nuit; Jean Grey, télékinésiste surdouée, tellement surdouée en fait qu'elle se laisse facilement possédée par une entité interdimensionnelle, le Phénix, qui la rend aussi puissante qu'incontrôlable; Cyclop, personnage emblématique, leader né, rival de Wolverine, doté d'un pouvoir qui le condamne à porter constamment des lunettes en quartz rubis; Magneto, de loin le plus interessant, dévoré par une haine du genre humain et animé d'une philosophie eugéniste, il se désignera porte parole d'une nouvelle race, celle des mutants, les post-humains.


      Penchons nous sur le contexte et le scénario : Charles Xavier rêve de réunir humains et mutants. Il crée les X-men, un groupe de jeunes mutants qui affrontent les terroristes comme Magnéto pour qui la guerre est la seule réponse au conflit opposant mutants et humains. Les X-men, pour la plupart des adolescents dotés de superpouvoirs encore mal maîtrisés, mènent donc deux combats : face à leurs ennemis mais aussi face à l'humanité qui a peur d'eux. Magnéto, l'ennemi juré des X-men, est sensé être mort... sensé seulement. Un malheureux lapsus du fauve revèle qu'il est en fait bien en vie, mais Xavier lui a fait perdre la mémoire. Et maintenant que ses amis de la Confrérie des mutants l'ont découvert, Magnéto ne va pas tarder à redevenir le monstre qu'il était...


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      Le scénario est posé, voici notre bande de mutants pourchassée par le gouvernement et les Ultimates, menés par Nick Fury et Captain America, et pourchassant la confrérie de Magnéto, ce dernier étant décidé à exterminer la race humaine et à imposer le règne des post-humains. S'ensuit un festival de bastons homériques( l'attaque de la planque par les Ultimates ), de versus jouissifs( Colossus contre Iron Man, bordel !), de scènes magnifiques( la discussion finale dans la prison de plastique), de gadgets improbables( la flèche à pointe nucléaire), de planches apocalyptiques( l'explosion atomique à Miami) et d'humour bienvenu (Thor qui boit de la bière américaine, on aura tout vu).


      Le dessin est soigné, et l'utilisation des couleurs notamment a fait l'objet de beaucoup d'attentions : la double page présentant la forteresse flottante de Magnéto est exemplaire de l'harmonisation des couleurs, car s'y melent naturellement le noir de la roche, le blanc des nuages et de la neige et le vert de l'océan. Le ciel de Miami est hanté par un rouge de fin du monde, ciel sur lequel se découpe malgré tout la silhouette enflammée du Phénix, que Jean va enfin apprendre à contrôler. Cerise sur le gâteau, cet album étant une réedition, on a droit aux couvertures originales de Chris Bachalo qui, bien qu'inégales, présentent néanmoins des planches "dans-ta-face" style( je pense notamment à celle nous montrant le Fauve sous son jour le plus menaçant).



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      Le scénar est bien foutu et se laisse bien suivre, malgré une légère baisse de rythme avant le climax, mais ce passage calme permet de poser une ambiance bien lourde, fin du monde oblige. Aux commandes : Mark Millar, qui a déja planché sur Wanted( massacré par une adaptation cinématographique affligeante), Superman ou Spiderman. Cet album a le mérite de montrer les héros sous leur jour le plus sombre : Wolverine élimine son rival de manière très sournoise, Magnéto laisse sa pitié au placard et Hulk fait preuve d'un certain goût pour la chair humaine. Le scénar ne fait donc pas dans le consensuel, à la manière d'un Watchmen ou d'un Dark Knight.


      Finissons cette chronique par un royal extrait de dialogue :
      "-Quelle est donc cette espèce qui celèbre les attaques dont elle fait l'objet? Serait ce que l'humanité est un cancer? Comme tu dois être fier qu'ils aient pris ton parti contre le mien.
     -Je n'ai jamais prétendu qu'ils étaient parfaits... Seulement qu'ils avaient le droit de vivre.
      -Sur ce point là, nous ne tomberons jamais d'accord, Charles. (...) J'imagine que si tu avais été responsable de l'évolution humaine, nous nagerions encore dans l'océan.  (...)
      -Je suis ici parce que je suis un utopiste. Je veux que l'entente règne et je ne serai pas satisfait tant que mon vieil ami et ses disciples n'auront pas été réhabilités."
      Un véritable conflit d'idées et de méthodes donc ... La culture impopulaire est décidémant pleine de surprises.
Par El Jono
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Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /Août /2009 19:13
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      La nuit a recouvert la croix ensanglantée, et sur la palette de Morphée, un bleu apaisant se mêle au rouge bouillant et hurlant de l'agonie.Le sol du Golgotha résonne encore de cris muets et de quolibets haineux, et il faudra beaucoup de temps pour qu'ils s'effilochent en simples murmures portés par le vent du désert israelien. Et c'est lorsque le rideau de fin d'acte tombe sur cette scène, marquée par le calme qui suit la tempête, qu'une mère vierge accueille dans ses bras diaphanes le cadavre de son fils. La mater dolorosa accompagne sa descendance dans la mort, d'une étreinte aussi douce qu'une caresse...

      Ce duo sur lequel plane une promesse de résurrection, Michel Ange l'a gravé dans le marbre en 1499, alors qu'il avait à peine plus de vingt ans, faisant montre ainsi d'un génie précoce, aussi subtil qu'inspiré. La Pieta dont il est question ici siège au coeur de la basilique Saint Pierre de Rome, drapée d'une pénombre salvatrice et protégée par une vitre pare-balles depuis qu'un simple d'esprit a sagement indiqué à la Vierge Marie de quel bois il se chauffait, et ce à coups de marteaux. Pour l'anecdote, la restauration qui a suivi cet attentat a permis de réveler une discrète signature de l'artiste, au creux d'une paume.

      Pour une de ses premières oeuvres,une commande à vrai dire, le futur orfèvre de la chapelle Sixtine a opté pour une représentation religieuse, une variation du thème de la mater dolorosa, très à la mode au 15ème siècle. Mais, Renaissance oblige, le style est imprégné par les statues de l'Antiquité, grecques notamment. La Beauté, par exemple, est primordiale pour Michel Ange : plutôt que de graver des visages tordus par la douleur, il modèle des corps d'une beauté diaphane, fragile, presque éthérée, et c'est par cette esthétique surnaturelle qu'est traduit le caractère divin des personnages.

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      Les visages expriment une sérénité impassible et adoptent un calme olympien, jusque dans la mort. Celui de la Vierge notamment semble irréel et détaché, extraterrestre, devant ce fils dont les apparences désigneraient comme étant le père. Nous en arrivons à une autre caractéristique de l'oeuvre : le Christ parait beaucoup plus vieux que sa mère, marquée qu'elle est par sa beauté juvénile. Comme l'expliquerait l'artiste lui même à un spectateur sceptique : " Ne sais-tu pas que les femmes chastes se conservent beaucoup plus fraîches que celles qui ne le sont pas ? Combien plus par conséquent une vierge, dans laquelle jamais n'a pris place le moindre désir immodeste qui ait troublé son corps ... ".

       La sculpture adopte une structure triangulaire, propice à exprimer l'apothéose, l'élévation divine et, pourquoi pas, une éventuelle résurrection? La tête de la Vierge est à la pointe du triangle, et ses jambes forment à la fois la base de l'oeuvre et un socle où repose le corps du Christ. Et pourtant, c'est la tête/pointe qui observe le sol, et le corps/base qui est tourné vers les cieux. Ainsi, le spectateur humain ne verra que le triste visage de la mater, et seul un être divin est capable de contempler le visage du Christ et d'accueillir dignement son âme. Cet unique bloc de marbre aurait donc été taillé par la force des paradoxes et la délicatesse du ciseau et du marteau?

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      L'oeil divin peut ainsi librement contempler le corps lisse et épuisé du Christ, corps à la simplicité qui contraste fortement avec le chaos de plis formés par la robe de Marie. L'âme quitte les oripeaux de l'habillement, se tourne vers le ciel où se terre un créateur anonyme et, bercé par le doux souvenir d'un profond amour maternel, prend son élan et embrasse l'éternité. Ne sont-ce pas les dernières sensations d'une âme à l'agonie qu'a voulu illustrer Michel Ange? Les derniers souvenirs que l'on amène au royaume des morts? Il est en tout cas inutile de revenir sur l'aspect technique de la sculpture : chaque veine, chaque tissu, chaque os se retrouve transcendé par la précision de l'artiste, les muscles semblent prêts à se crisper sous le marbre, et sous la matière se cache la tristesse de la mater dolorosa.Laissons le mot de la fin à un autre grand artiste de la Renaissance : "Comment main d'artisan a-t-elle pu si divinement accomplir, en si peu de temps, une œuvre aussi admirable ? Cela relève du miracle : qu'un rocher informe ait atteint une perfection telle que la nature ne la modèle que si rarement dans la chair.  "
Par El Jono
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